Description

Jacques Jouanneau peut donner des moments de bonheur à beaucoup de lecteurs.
Michel Lemay, La Renaissance du Loir-et-Cher

L’auteur nous invite à le suivre sur les voies du rêve et de l’imaginaire. Chaque récit est bien ancré dans la réalité mais il bascule progressivement et pour le plus grand plaisir du lecteur, vers l’extraordinaire.                                                                                                                                                                         La Nouvelle-République du Centre-Ouest

Jacques Jouanneau est l'auteur de Rougeux, Passeur de Loire, un hymne à la Loire et aux mariniers.

Chroniques de Loire

 

Prodiges de Loire de Jacques Jouanneau

Monsieur le Maire de Cour-sur-Loire a eu l’imprudence de me demander de dire quelques mots, mon cher Jacques, à l’occasion de la sortie de votre nouvel ouvrage : « Prodiges de Loire ».

Il ne m’a donné aucun cahier des charges, aucune indication, aucune piste quant aux thèmes à aborder.

Dois-je traiter de votre œuvre en général, dois-je me concentrer seulement sur votre nouveau roman ? Dois-je parler aussi de votre personnalité ?

Si je parle de vous, je sais que je vous infligerai un réel supplice en soumettant votre modestie à une terrible épreuve. Mais comment parler d’une œuvre en mettant l’auteur entre parenthèses ? Il me faut donc vous infliger ce supplice et je tâcherai de le faire avec le moins de barbarie possible.

Nul n’est prophète en son pays (Luc 4, 24). Je ne vous apprendrai pas, cher Jacques, que cette parole a été prononcée par le Christ en Galilée, au milieu des siens, dans la synagogue de Nazareth, petite ville où il avait vécu entre Marie et Joseph. Les siens, en effet, ont refusé de l’entendre et l’ont chassé hors de la ville.

Vous n’avez pas subi le sort de Jésus car, à Cour-sur-Loire, non seulement on ne vous chasse pas, mais on vous honore. Tel est le sens de notre réunion de ce soir entre habitants d’un même village et des villages alentour.

Pour essayer de mieux vous comprendre, de mieux vous cerner, j’ai retenu, parmi les multiples facettes de votre personnalité, celles-ci :le courtois, l’amoureux de la langue et le poète, le mécène,le romancier homme de l’imaginaire, enfin, ce qui compte plus que tout, l’homme de cœur.

Le courtois

Originaire de Blois où vos ancêtres sont répertoriés depuis le XVIe siècle, vous êtes un enfant de Cour-sur-Loire par votre épouse, Jeannine, issue d’une ancienne famille courtoise. L’enracinement et l’attachement à votre village constituent une part notable de votre inspiration. Vous avez dessiné votre village, l’avez décrit en prose et chanté en vers.

L’amoureux de la langue et le poète

Vous êtes un amoureux de notre langue française, un adepte inconditionnel du beau parler et du bien écrire.

Cette langue vous en avez une parfaite connaissance et vous avez mis votre science de la grammaire et du style au service de votre village et des pays ligériens soit en prose, soit en vers.

En prose ou en vers, vous faites honneur à notre belle langue française. Vous alliez la précision dans le choix des mots à la rigueur dans la construction de la phrase. Plutôt que de longs développements je vous donne la parole en citant quelques uns de vos beaux vers.

Cour, me plaisent bien davantage

Tes quais de Loire et de la Tronne

Ils sont les pierres de la couronne

Passée sur le front du village.

Cour, ton visage est une fête

Et je rends grâce à ta beauté.

Son simple hommage est mérité

Car tu fais chanter les poètes.

Ou encore :

Là-bas sous le soleil l’onde va frémissante.

Roule sur les galets la nonchalante Loire.

Le grand fleuve argenté dresse ses reposoirs

Dans la blondeur dorée des grèves languissantes.

Le passé ligérien des anciens ports de Loire,

Traîne sa nostalgie sur ses pavés mouillés.

Les anneaux d’amarrage continuent de rouiller,

Et la batellerie glisse sous l’éteignoir.

Pour un 14 juillet

La Loire est apaisante, limpide est son parcours.

Les fontaines bruissantes laissent le cœur content.

De l’église au lavoir, je disperse mon temps ;

Captif de mes rêves, me voilà « pris de Cour » !

Cour est toute indolence ou toute frénésie.

Cour peut être une image chaleureuse et parfaite,

Quand les gens assemblés pour le rire et la fête,

Font quatorze juillet en toute fantaisie.

Le mécène

Votre romanRougeux Passeur de Loire a été tiré à plus de 2000 exemplaires. Vous avez, avec Jeannine, fait don des droits d’auteur en totalité à la commune de Cour.

Le romancier homme de l’imaginaire

Le grand Pascal, dont vous ne renierez certainement pas le génie, se méfiait de l’imagination : « C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté ». Le moins que l’on puisse dire c’est que vous n’avez pas suivi les conseils du sage de Port Royal car votre nouveau roman c’est l’imagination en action. L’appellation de roman est cependant inexacte puisque votre ouvrage comporte six nouvelles indépendantes dont chacune se situe en des lieux et en des temps fort éloignés.

Un ami de Cour-sur-Loire, Bernard Fauquembergue, présentant votre nouvel ouvrage dans La Nouvelle République, en a fait une délicate et subtile synthèse :

« L’auteur nous invite à le suivre sur les voies du rêve et de l’imaginaire. Chaque récit est bien ancré dans la réalité mais il bascule progressivement et pour le plus grand plaisir du lecteur, vers l’extraordinaire »

Je ne raconterai pas l’histoire des Filets de St Pierre. Sachez seulement qu’il fallait être Jacques Jouanneau pour se poser la question de savoir ce qu’étaient devenus les filets des disciples de Jésus, Pierre et André, lorsque, selon le récit évangélique « ils abandonnèrent là leurs filets et le suivirent ». Et les filets que leur est-il arrivé ? Ils finiront, on s’en doutait, sur les bords de Loire !

Voici autre nouvelle d’une facture bien différente, Les disparus de Châteauneuf-sur-Loire. Vous apprendrez comment faire l’amour sur le sable de Loire : « Bientôt deux corps étroitement enlacés roulèrent sur le sable et se réunirent pour ne faire plus qu’un. Dans une étreinte farouche, un déferlement de plaisir inonda les corps, marqua les chairs, brisa les sens ! ». (p. 19) Je lis la surprise dans beaucoup de vos regards.

Dans L’infortune des Courson nous avons droit à de superbes descriptions de la Loire au fil de l’eau : « Assis sur le pont avant, le garçon s’émerveillait de la tranquille progression de la sapine qui, doucement, lourdement, glissait au fil de l’eau, sur une Loire qui allait en s’élargissant. De chaque côté de ce majestueux chemin d’eau, vibrant sous le soleil du matin, défilaient les maisons, les fermes, les grasses prairies, les haies sauvages, les bois touffus qui, par endroits, montaient à l’assaut des collines ».

L’homme de cœur

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire, qu’est-ce qui vous anime dans les profondeurs de votre être ? Je crois l’avoir trouvé dans une réflexion que vous fîtes lors de la publication de votre précédent roman Rougeux passeur de Loire :

« Ce livre a été rédigé par amour du terroir et des hommes qui l’ont fait vivre »

Cette phrase exprime le secret de votre cœur : l’amour que vous portez à vos frères humains.

Plût au ciel qu’il y aient dans les années et les siècles qui viennent beaucoup, oui beaucoup, de Jacques Jouanneau animés de ce même amour et le monde s’en trouvera profondément transformé.